{"id":164,"date":"2018-07-03T22:18:14","date_gmt":"2018-07-03T20:18:14","guid":{"rendered":"https:\/\/thierry-vernet.net\/?page_id=164"},"modified":"2018-10-29T12:06:52","modified_gmt":"2018-10-29T10:06:52","slug":"textes-sur-floristella-stephani","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/thierry-vernet.net\/?page_id=164","title":{"rendered":"Textes sur Floristella Stephani"},"content":{"rendered":"<p><strong>Paysages de sensibilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9couverte d&rsquo;une \u0153uvre originale, tout \u00e0 la fois humaine et hors des temps, est une surprise fulgurante, comparable peut-\u00eatre \u00e0 la beaut\u00e9 insolite d&rsquo;un paysage jamais vu, ou d\u00e9voil\u00e9 apr\u00e8s des mois de brouillard. Sentiment de d\u00e9livrance. Je reconnais dans la peinture de Floristella Stephani un \u00e9cho \u00e0 la vie, ces petits instants de silence qui vibrent tr\u00e8s fort, myst\u00e9rieusement. Que cela soit dans ses natures mortes, ses paysages ou ses sc\u00e8nes d&rsquo;int\u00e9rieur, la lumi\u00e8re n&rsquo;est plus nomade, elle ne caresse pas les formes mais irradie de l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame de la couleur; elle habite les toits, les grises chemin\u00e9es, la colline et les champs de chaume, Mustapha le chat blanc et la table du salon. Bien que les couleurs dans ses toiles chantent et s&rsquo;harmonisent, c&rsquo;est aux peintres Hollandais que l&rsquo;on songe par la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de la lumi\u00e8re. Les \u0153uvres de Floristella sont une \u00e9coute patiente de la nature, dans un \u00e9tat d&rsquo;innocence d&rsquo;o\u00f9 le myst\u00e8re n&rsquo;est point absent, car elle sait respecter l&rsquo;ind\u00e9pendance d&rsquo;une for\u00eat, d&rsquo;un ciel et leurs obscurit\u00e9s. Plus simplement Floristella Stephani peint des paysages de sensibilit\u00e9, le quartier bleut\u00e9 de Belleville, des portraits de fleurs; m\u00e9lancoliques ou joyeuses, des sc\u00e8nes que nous avons tous v\u00e9cues : les souvenirs que nous portons en nous, ceux de l&rsquo;enfance assur\u00e9ment, du temps o\u00f9 nous n&rsquo;avions peur que de la ma\u00eetresse d&rsquo;\u00e9cole, du policier et du grand livre o\u00f9 sont inscrites les Lois. Cette libert\u00e9 nous autorisait \u00e0 courir bruyamment au soleil, \u00e9merveill\u00e9s du moindre brin d&rsquo;herbe, des \u00e9tonnantes sauterelles et vrombissantes libellules. C&rsquo;est tout cela l&rsquo;univers de Foristella. Le peintre Joseph Czapski m&rsquo;a fait d\u00e9couvrir cette peinture : \u00e0 mon tour de vous la faire aimer.<\/p>\n<p>Richard Aeschlimann<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-1142\" src=\"https:\/\/thierry-vernet.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/floristella-paris-60-196x300.jpg\" alt=\"\" height=\"259\" width=\"169\" srcset=\"https:\/\/thierry-vernet.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/floristella-paris-60-196x300.jpg 196w, https:\/\/thierry-vernet.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/floristella-paris-60-768x1173.jpg 768w, https:\/\/thierry-vernet.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/floristella-paris-60-670x1024.jpg 670w, https:\/\/thierry-vernet.net\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/floristella-paris-60.jpg 1792w\" sizes=\"auto, (max-width: 169px) 100vw, 169px\" \/><\/p>\n<p><strong>En m\u00e9moire de Floristella Stephani<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est avec m\u00e9lancolie, ce mardi soir 26 juin, que j\u2019ai retrouv\u00e9 les tableaux de Floristella apr\u00e8s que, sur mon r\u00e9pondeur, j\u2019eus relev\u00e9 avec retard le message de sa ni\u00e8ce Ilona, m\u2019annon\u00e7ant sa mort r\u00e9cente, tout en douceur me pr\u00e9cisait-on. Il y avait bien des ann\u00e9es que nous ne nous \u00e9tions plus vus ni \u00e9crit, et pourtant la peinture de Floristella reste aussi pr\u00e9sente, autour de nous, que celle de Thierry Vernet son compagnon.<\/p>\n<p>C\u2019est une vision magique des animaux du jardin des plantes, que l\u2019art du glacis de cette restauratrice de toiles anciennes a par\u00e9s d\u2019une sorte d\u2019aura de mati\u00e8re transparente. Ou c\u2019est le grand chat Moustapha dont elle nous a fait cadeau pour notre mariage. C\u2019est un corbeau qu\u2019elle a peint pour notre fille J. un peu jalouse que notre fille S. eut re\u00e7u un chat aquarell\u00e9 par Thierry d\u2019un seul trait de pinceau. C\u2019est aussi, qui garde notre sommeil, ce Christ solitaire au Golgotha sous un ciel de sang. Ce sont deux baigneuses proustiennes sur la plage de Trouville, \u00e9voquant une miniature de Manet. C\u2019est ce soleil d\u2019hiver sur les sables d\u2019Ostende. Enfin c\u2019est ce champ de coquelicots d\u2019une gr\u00e2ce infinie dont j\u2019ai fait la couverture de mon dernier livre. A cela s\u2019ajoutant le souvenir de toutes les toiles d\u00e9couvertes \u00e0 travers les ann\u00e9es, de cette artiste pourtant lente et rare, qui mettait des mois \u00e0 fixer sa vision, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des fulgurances de son compagnon.<\/p>\n<p>Floristella peignait hors de l&rsquo;actualit\u00e9 passag\u00e8re&nbsp;et des modes, mais on pourrait dire que sa peinture, comme celle des ma\u00eetres flamands, s\u2019inscrit au c\u0153ur du temps dont elle saisissait un instant d\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans la figuration la plus humble de ce qu&rsquo;elle contemplait. De la m\u00eame fa\u00e7on, du vivant de Thierry Vernet, tous les instants pass\u00e9s avec elle relevaient d\u2019une forme de pr\u00e9sence intemporelle, simple et joyeuse. Lui et elle disparus, ils restent vivants, par leurs oeuvres et dans nos coeurs reconnaissants.<\/p>\n<p>Jean Louis Kuffer &#8211; juin 2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paysages de sensibilit\u00e9 La d\u00e9couverte d&rsquo;une \u0153uvre originale, tout \u00e0 la fois humaine et hors des temps, est une surprise fulgurante, comparable peut-\u00eatre \u00e0 la beaut\u00e9 insolite d&rsquo;un paysage jamais vu, ou d\u00e9voil\u00e9 apr\u00e8s des mois de brouillard. 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