Textes sur Thierry Vernet

Les yeux heureux

« On croyait avoir tout regardé et soudain on découvrait un toile qu’on avait l’impression de ne pas avoir vue encore. Ou, dans l’une d’elle un détail qu’on n’avait pas perçu. Je me souviens surtout de cette exposition de peintures que j’appellerais : l’envol ou l’évasion. Ainsi des bords de mer – étaient-ce des vues d’Ostende ou de Normandie ? – où le ciel et la brume occupaient presque toute la toile et où l’on distinguait quelques goélands ou mouettes : la terre et la mer avaient disparu – et le ciel lui-même – il n’y avait plus qu’un chatoiement ocré où le regard se perdait à suivre l’envol des oiseaux au travers d’une lumière de création du monde. »

« Je me souvient d’être sorti de cette exposition, après chaque visite que j’y fis, le coeur dilaté, rempli par tout ce que j’avais vu, et le regard lavé, comme si s’ était écarté un voile qui, avant, m’empêchait de bien voir. Et à chaque fois, je redécouvrais le ciel, les montagnes et les vignes avec une acuité et une intensité proche de l’ivresse. »

C’était une de ces moments magiques où le temps est suspendu et où le monde s’efface, même si par le biais des tableaux, ce dernier m’était rendu, exalté par les yeux qui avaient su le capter et le retenir.

Sur le chevalet s’étaient arrêtés , le temps d’un air et d’un bruissement d’aile, les messagers du bonheur.

Edouard Johr

La vue c’est la vie

« La peinture de Thierry Vernet n’est donc pas immédiatement lisible, mais elle est authentique, il faut être libre pour y entrer, avec la profondeur des nos sentiments et l’ouverture de l’humour. Un sentiment nous parle, avec des formes, des couleurs – c’est étrange, mais c’est cela la peinture, cela ne s’explique pas. »

Extrait de : Thierry Vernet, la vue c’est la vie, de Pierre Hugli

Lumières du monde

« Plus qu’un peintre de la lumière, au sens de la contemplation tranquille , Thierry Vernet me paraît un poète du dévoilement dont les visions ponctuent la démarche tantôt un peu somnambulique et tantôt fulgurante. »

« C’est ainsi que de vivre, depuis des années, avec un toile de Th.V. que j’ai reconnue et aimée au premier regard, m’a fait éprouver, à chaque fois que tournais vers elle mon regard, comme une fenêtre à laquelle on ne se lasse pas de s’accouder, ce sentiment mêlé de saisissement et de gratitude devant la beauté des choses. »

Jean-Louis Kuffer

L’atelier

« Nous touchons, à travers cette oeuvre longtemps méditée et mille fois reprise dans son atelier, à ce choc de la vision unique, approfondie, simplifiée, éclairée, qui naît d’une incessante contemplation de ce monde réel qu’il aime. »

« Comment sauver la création du tohu-bohu de la foire sur la place ? il s’agit simplement de conserver une vur claire de la hirarchie des valeurs : on crée à la frange de sa solitude »

Joseph Czapski

Je suis ”peintre”

Monsieur Pomarède, mon voisin retraité de la rue des Cascades, me voyant porter un chassis, me dit : « vous faites de la peinture, c’est bien ça occupe ! »

“Il y a une chose dont je suis vraiment sûr. Que je suis peintre. Tracer une ligne, colorer une surface, je veux dire le geste physique de le faire et le plaisir que cela me procure. Je suis sûr de cela. Je suis ”peintre” . Organiser sa vie autour et au service de ce dont je suis sûr. C’est simple.” 

Th. Vernet